{"paper_id":"36cbbe86-bb5b-4f0a-96e1-ebe5f26fbf69","body_text":"1\nRev Med Liege 2022; 77 : 1 : xx-xx\nGalopin  C (1), MiChaux  n (2)\nL’image  du  mois\nm étap Lasie  ostéoïde  de  L’endomètre\ne ndometriaL  osteoid  metapLasia\ns ummary  : Endometrial osteoid metaplasia is a rare condi -\ntion characterised by the presence of bone in the uterine \ncavity. The main symptoms are secondary infertility, cycle \ndisorders or dysmenorrhea. The discovery can also be \nfortuitous. Ultrasound and diagnostic hysteroscopy are \ndiagnostic tools while operative hysteroscopy provides \ntreatment. In the vast majority of cases, it is discovered \nin the aftermath of pregnancy, especially after curettage \nor miscarriage. There are several theories as to its etiopa -\nthogenesis.\nKeywords  :  Osteoid metaplasia - Endometrium -  \nHysteroscopy - Secondary infertility\nr ésumé  : La métaplasie ostéoïde est définie par la présence \nde tissu osseux au niveau de l’endomètre. Il s’agit d’une \naffection rare. Les principaux symptômes sont l’infertilité \nsecondaire, des troubles du cycle ou de la dysménorrhée. \nLa découverte peut également être fortuite. L’échographie \net l’hystéroscopie diagnostique sont des outils de diagnos-\ntic tandis que l’hystéroscopie opératoire assure le traite -\nment. Dans la grande majorité des cas, elle est découverte \ndans les suites d’une grossesse, surtout après un curetage \nou une fausse-couche. Il existe plusieurs théories quant à \nson étiopathogénie.\nm ots -c Lés  :  Métaplasie ostéoïde - Endomètre -  \nHystéroscopie - Infertilité secondaire\n(1) Service de gynécologie-obstétrique, CHR  \nCitadelle, Liège, Belgique.\n(2) Service de gynécologie, CHU UCL Namur site \nMont-Godinne, Belgique.\ngrâce auquel elle était en aménorrhée. La \npatiente était demandeuse de le retirer et hési -\ntait quant à un remplacement par un nouveau \nstérilet. L’examen gynécologique était tout à \nfait normal. Dans un premier temps, la patiente \na donc bénéficié du retrait aisé de ce stérilet. \nCinq mois plus tard, la patiente est revenue en \nconsultation de gynécologie. Elle signalait avoir \nété réglée deux fois depuis le retrait du stérilet \net souhaitait finalement la pose d’un nouveau \nstérilet hormonal. Dans ce contexte, une écho -\ngraphie endo-vaginale a été réalisée avant \nl’insertion et a démontré un utérus de taille et \nde forme normales mais présentant une image \nhyperéchogène avec cône d’ombre postérieur \nau sein de l’endomètre, d’origine indéterminée \n(Figure 1). Les annexes étaient normales et le \ncul-de-sac de Douglas bien libre. Au vu de cela, \nle stérilet n’a pas été placé et une hystéroscopie \np résentation  c Linique  \nNous rapportons le cas de Madame W, âgée \nde 43 ans, qui s’est présentée en consultation \nde gynécologie pour le retrait de son stérilet. Elle \nn’avait plus été vue depuis plusieurs années. La \npatiente est d’ethnie africaine, G3P2 avec un \naccouchement par voie basse, une césarienne \net une interruption volontaire de grossesse par \ncuretage-aspiration. Elle était porteuse depuis \nhuit ans d’un stérilet hormonal de type Mirena ® \nFigure 1. Image échographique \n→ : images hyperéchogènes intracavitaires ;  \n* : cône d’ombre postérieur\n\n2\nRev Med Liege 2022; 77 : 1 : xx-xx\nGalopin  C, MiChaux  n \ndiagnostique a été programmée pour mise au \npoint de la cavité avant placement du stérilet. \nCette hystéroscopie (Figure 2.1 et 2.2) a pu avoir \nlieu dans de bonnes conditions et a mis en évi -\ndence une cavité de taille et de forme normales, \navec la présence en intra-utérin de plusieurs \ncopeaux planes blanchâtres, de consistance \ntrès dure, laissant suspecter une métaplasie \nostéoïde de l’endomètre versus présence de \nmorceaux de compresses calcifiés en lien avec \nson antécédent de césarienne. Le retrait à la \npince de ces copeaux n’a pas été possible au vu \nde leur diamètre incompatible avec la taille du \ncol utérin sans qu’il ne soit dilaté. Une hystéros-\ncopie opératoire sous anesthésie générale a été \nprogrammée en hôpital de jour. Ce geste a per-\nmis le retrait complet du matériel intracavitaire. \nLe stérilet hormonal a pu être posé dans les \nsuites immédiates de l’intervention. L’analyse \nanatomopathologique a confirmé qu’il s’agissait \nd’une métaplasie osseuse de l’endomètre. \nd iscussion  \nLa métaplasie ostéoïde est définie par la pré-\nsence de tissu osseux au niveau de l’endomètre. \nIl s’agit d’une affection rare avec une incidence \nde 3/10.000, décrite pour la première fois au tout \ndébut du 20ème siècle (1). Il existe une prédispo-\nsition dans l’ethnie africaine et caribéenne (2). \nL’échographie et l’hystéroscopie diagnostique \nsont des outils de diagnostic tandis que l’hysté-\nroscopie opératoire assure le traitement. Dans \nla grande majorité des cas, elle est découverte \ndans les suites d’une grossesse, surtout après \nun curetage ou une fausse-couche. Il existe \nplusieurs théories quant à son étiopathogénie. \nD’une part, la métaplasie osseuse serait secon-\ndaire à la greffe de cellules mésenchymateuses \nfœtales qui se différencieraient ensuite en \nostéoblastes (3). D’autre part, elle proviendrait \nde la différentiation de cellules mésenchyma -\nteuses du stroma endométrial en ostéoblastes \n(4). Cette métaplasie serait favorisée par une \ninfection ou des processus de régénération de \nl’endomètre abimé. Les principaux symptômes \nde cette affection sont l’infertilité secondaire, \ndes troubles du cycle ou des douleurs de type \ndysménorrhée. La découverte peut également, \ncomme dans le cas présenté, être fortuite. \nConcernant le diagnostic, il ne sera confirmé \nqu’après analyse anatomopathologique des \nfragments retirés. Il est évoqué à l’échographie \ndevant une image hyperéchogène linéaire avec \ncône d’ombre postérieur intracavitaire, pou -\nvant mimer un dispositif intra-utérin au cuivre. \nD’autres diagnostics différentiels peuvent être \névoqués, à savoir un fibrome ou polype endo -\nmétrial calcifié ou encore une tumeur maligne \nmullérienne (5). A l’hystéroscopie, la métapla -\nsie osseuse se présente sous forme de plaques \nosseuses coralliformes, de contours plus ou \nmoins réguliers. Si les plus petits fragments \npeuvent être retirés à la pince en ambulatoire, \nles plus gros nécessiteront une dilatation du col \nsous anesthésie. Si les plaques sont enchâs -\nsées en profondeur dans l’endomètre, parfois \njusqu’au contact du myomètre, une résection à \nl’anse diathermique sera nécessaire. Tous les \nfragments doivent être retirés sous peine de \nrécidive. Au niveau du suivi, une hystéroscopie \nest conseillée à 2 mois de l’intervention pour \ns’assurer de l’absence de synéchies et de réci-\ndive. \nMême s’il s’agit d’une découverte fortuite \nchez une patiente asymptomatique sans désir \nde grossesse, il est important de procéder à la \nrésection des fragments. Ce geste permet à la \nfois d’obtenir le diagnostic anatomopathologique \nFigures 2. Hystéroscopie \n→ :  fragments coralliformes de métaplasie ostéoïde ; * : muqueuse \nendométriale normale\n\n3\nRev Med Liege 2022; 77 : 1 : xx-xx\nMétaplasie  ostéoïde  de  l ’endo Mètre\ndéfinitif confirmant la bénignité de la pathologie \nmais aussi de retrouver une cavité normale afin \nque l’échographie soit à nouveau contributive \ndans le diagnostic d’autres pathologies intra-\ncavitaires éventuelles. \nc onc Lusion  \nLa métaplasie ostéoïde de l’endomètre est \nune affection rare, mais qu’il ne faut pas  mécon-\nnaitre. Sa principale répercussion est au niveau \nde la fertilité, mais elle peut également être \nsource de métrorragies ou dysménorrhées. Une \nimage hyperéchogène linéaire intracavitaire à \nl’échographie doit faire évoquer le diagnostic, \nmais une hystéroscopie ainsi qu’une analyse \nanatomopathologique seront toujours néces -\nsaires au diagnostic final. \nBi BL iographie  \n1. Creux H, Hugues JN, Sifer C, et al. Fertilité après résection \nélective hystéroscopique de lésions de métaplasie ostéoïde \nde l’endomètre. Gynecol Obstet Fertil 2010;38:460-4.\n2. Graham O, Cheng LC, Parsons JH. The ultrasound diagnosis \nof retained fetal bones in West African patients complaining of \ninfertility. BJOG 2000;107:122-4.\n3. Tulandi T, Al-Sunaidi M, Arseneau J, et al. Calcified tissue of \nfetal origin in utero. Fertil Steril 2008;89:217-8.\n4. Cayuela E, Perez-Medina T, Vilanova J, et al. True osseous \nmetaplasia of the endometrium: the bone is not from a fetus. \nFertil Steril 2009;91:1293.e1–4. \n5. Ruiz-Velasco V, Alfani GG, Sánchez LP, Vera MA. Endometrial \npathology and infertility. Fertil Steril 1997;67:687-92.\nLes demandes de tirés à part doivent être adressées au \nDr Galopin C, Service de gynécologie-obstétrique CHR  \nCitadelle, Liège, Belgique. \nEmail : catherinegalopin@hotmail.com","source_license":"CC0","license_restricted":false}